05/02/2012

Jérémy Liron

Il y a d'abord eu  L'évidence feuilletée d'un monde. Une suite de notes rédigées sur invitation de Jérémy Liron, pour le catalogue de son exposition Lyon-Bethune (paru chez Nuit Myrthide et que l'on peut aussi retrouver chez publie.net). Je suivais son travail depuis un moment déjà, depuis un article de François Bon sur le Tiers Livre. Je me rappelle bien cet article qui évoquait la vie de peintre, les déplacements, les à-côtés. Cet article date du 12 novembre 2006. Un peu plus de 5 ans, donc, que je parcours le travail de Jérémy Liron...

Il m'avait tout de suite semblé que les peinture de Jérémy s'imposaient comme questions posées à son propre regard. Chaque tableau, avec ses façades, ses murs ou paysages presque murs, posait des écrans dans le monde où faire et défaire son propre monde et creuser ses questions. La question sous-jacente est souvent celle de ce qu'on fait du monde qui vient vers nous, qui s'impose et fait même effraction, parfois. Ce qui s'interroge dans les tableaux de Jérémy c'est donc nos points de jonction au monde tout autant que les points d'achoppement, les butées dirait Jérémy.

Un peu de temps est passé depuis L'évidence feuilletée d'un monde, puis sont apparues de petites encres sur lesquelles flottent des nuées de triangles blancs. Le plus étonnant, c'est que ces formes venues du fond (puisque ce sont des réserves) paraissent flotter au devant de chaque scène. C'était à mon sens une nouvelle façon d'interroger le regard, de se demander ce qu'est voir. Et d'affirmer, sans doute, que voir est son propre obstacle. Est alors venu le besoin de penser à nouveau dans les tableaux de Jérémy. 

Faire monde & papillons fait suite à la réflexion amorcée dans les notes du catalogue Lyon-Bethune, elle la prolonge. Mais restait une sorte de frustration. Celle de n'avoir pas touché l'essentiel, une nouvelle fois, et de n'avoir que trop peu déplacé mon regard. Il fallait alors un autre angle d'attaque, une nouvelle forme. Paradoxalement, je suis allé vers ce que je fais la plupart du temps. Le travail de Jérémy ne m'avait pourtant jamais appelé dans cette direction. J'ai essayé ce qu'on pourrait décrire comme de petits textes poétiques. Il s'agissait, de cette façon, de trouver la jonction , encore une fois : comment les récentes encres de Jérémy trouvaient quelque chose de mon regard et de son fonctionnement ? La suite de 8 brefs poèmes (Voir a des trous) qui est issue de ce travail complète le petit livre tout juste paru aux éditions centrifuges.




Un peu plus de 5 ans que je suis attentif au travail de Jérémy, écrivais-je et, chose étrange, pour la première fois ce vendredi 3 février j'ai pu tenir entre les mains la petite série d'encre dont il est question dans Faire-monde& papillons. Je n'avais jusqu'alors observé le travail de Jérémy qu'à travers mes écrans ou feuilletant les reproductions de tel ou tel catalogue. Belle émotion.

Par ailleurs, je ne peux qu'encourager chacun à aller voir du côté du travail d'écrivain mené par Jérémy. Une écriture dense et sensible. On peut se procurer le dernier En l'image, le monde, par exemple ou fureter, une nouvelle fois, du côté de publie.net avec Le livre l'immeuble le tableau.










Ci-contre, Faire monde & papillons, éditions centrifuges. 200 exemplaires numérotés et signés par l'auteur et le peintre. La couverture ajourée fait de chaque livre un exemplaire unique. 10 € pour les exemplaires courant. 40 € pour les exemplaires de tête contenant une encre originale de Jérémy Liron.

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